Qui paie quoi, et comment ?

OPCO, AGEFICE, FIFPL, CPF : quatre guichets, quatre publics, aucun interchangeable. Voici comment s'y retrouver avant de déposer un dossier.

Une seule question trie tout le reste.

Avant de parler montant ou démarche, il faut répondre à ça : êtes-vous salarié (ou dirigeant assimilé salarié), ou indépendant (gérant majoritaire, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, profession libérale) ? Les deux cas ne passent jamais par le même guichet.

Salarié, ou dirigeant assimilé salarié

gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, président de SAS/SASU

→ OPCO

Indépendant

gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, profession libérale

→ AGEFICE ou FIFPL

Les deux circuits ne sont pas deux guichets d'un même organisme avec des règles différentes : ce sont deux circuits de collecte et de redistribution complètement séparés. Se tromper de guichet, ce n'est pas être "moins prioritaire" — c'est frapper à une porte qui n'existe pas pour vous.

OPCO — pour un salarié ou un dirigeant assimilé salarié

Qui paie, avec quel argent ?

Toute entreprise qui emploie au moins un salarié verse chaque année une contribution à la formation professionnelle (0,55 % de la masse salariale en dessous de 11 salariés, 1 % au-delà), prélevée par l'URSSAF et reversée à l'OPCO de la branche. Cette contribution est mutualisée : l'argent part dans un pot commun, pas dans une ligne réservée à l'entreprise qui l'a versée. En dessous de 50 salariés, l'entreprise peut puiser dans ce pot même si ce qu'elle a versé est inférieur à ce qu'elle demande. Au-delà de 50 salariés, l'OPCO ne finance quasiment plus directement.

Qui fait la démarche ?

L'employeur, jamais le salarié seul. Contrairement au CPF, l'OPCO ne se mobilise que via l'entreprise : le salarié doit convaincre son employeur en interne, et c'est l'employeur (ou son service RH) qui dépose le dossier.

Le mécanisme, étape par étape

  1. 1
    Identifier l'OPCO de l'entreprise, déterminé par sa convention collective (code IDCC) — pour l'artisanat et les professions libérales, c'est le plus souvent OPCO EP ; pour le commerce, L'Opcommerce.
  2. 2
    Avant le début de la formation (règle stricte, aucune prise en charge rétroactive), l'employeur dépose le dossier sur l'espace en ligne de l'OPCO : devis, programme, preuve que l'organisme est certifié Qualiopi.
  3. 3
    L'OPCO instruit la demande selon ses propres critères de priorité et ses plafonds, qui varient par branche.
  4. 4
    Si accepté, l'OPCO finance soit en payant directement l'organisme de formation, soit en remboursant l'entreprise après paiement.

AGEFICE et FIFPL — pour un indépendant

Même logique de cotisation obligatoire reversée à un fonds mutualisé, mais la démarche est individuelle : c'est vous qui déposez, pas un employeur. L'AGEFICE couvre les commerçants et dirigeants non-salariés, le FIFPL les professions libérales — chacun avec ses propres plafonds annuels et horaires, fixés par sa commission professionnelle.

Les plafonds varient trop d'un cas à l'autre pour être résumés en un chiffre unique ici — mieux vaut vérifier le vôtre avant toute promesse.

CPF — pour la certification RS7344

Le Compte Personnel de Formation est le seul des quatre dispositifs qui se mobilise seul, sans employeur ni commission professionnelle : chacun gère ses droits sur Mon Compte Formation. Il concernera la certification RS7344, dès que ma formation sera ouverte à l'inscription sur Mon Compte Formation.

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Vous ne savez pas encore lequel vous concerne ?

Dites-moi votre statut, je vous dis le bon guichet et les pièces à réunir.

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